CITADELLES ET FORTS

 

 

 

 

 




Architecture


Citadelles et forts

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Galerie Citadelles et Forts


CALVI

C'est en Corse qu'il faut chercher peut-être les restes de ce que le génie militaire italien paraît avoir édifié de plus intéressant aux XVeme et XVIeme siècles.
Citadelles, fortins, bastions, tours de guet et de refuge, tous ces témoins des luttes passées forment un ensemble dont on ne trouve pas ailleurs l'équivalent,
La citadelle de Calvi est le type le plus achevé de ces appareils de fortifications génoises auxquels leurs constructeurs ont imprimé une marque ineffaçable.
Grandes tours cylindriques entourées de courtines et percées, en leur partie inférieure, par un arc en plein cintre, ceintures de pierres faisant Ie tour du rocher au bord même de l'eau, donjon, pont-levis, chemin de ronde, échauguettes, rien ne manque à ce chef-d'œuvre de rigidité militaire d'une ordonnance si sobre que l'austérité de la discipline en est comme ensoleillée.

Le voyageur qui explore l'île découvre dans chacune de nos régions des vestiges que Ies siècles de fer ont marqués de leur empreinte.

Grandes tours cylindriques entourées de courtines et percées, en leur partie inférieure, par un arc en plein cintre, ceintures de pierres faisant Ie tour du rocher au bord même de l'eau, donjon, pont-levis, chemin de ronde, échauguettes, rien ne manque à ce chef-d'œuvre de rigidité militaire d'une ordonnance si sobre que l'austérité de la discipline en est comme ensoleillée.

Le voyageur qui explore l'île découvre dans chacune de nos régions des vestiges que Ies siècles de fer ont marqués de leur empreinte.

Nous voyons à Aléria, l'ancienne ville romaine, un magnifique fort génois qui, quoique délabré, garde encore sa fière allure : il nous révèle par son archaïsme et la sobriété de ses lignes, que sa destination militaire n'avait pas exclu chez ses bâtisseurs le sens architectural.
Et l’on fera Ies mêmes remarques à Girolata (fort du même nom), à Saint-Florent (enceinte bastionnée autour du fort élevé en1453 par Pietro Battista d'Oria, commissaire de la Banque de Saint-Georges). Algajola, qui fut un moment la résidence du lieutenant du Governatore genovese, nous offre encore une imposante forteresse avec tours à mâchicoulis. Les ravages du temps n'ont pu complètement défigurer ce précieux exemple de l'architecture génoise; mais pourquoi faut-il que ses ruines si belles encore ne soient ni classées ni protégées?


Des spectacles de semblable désolation nous attendent à Porto-Vecchio - l'antique Palae romaine - que les Génois fortifièrent en 1544 en construisant une enceinte bastionnée dont les remparts qui subsistent méritaient mieux que le saccage qu'ils ont subi. L'architecture ligure a laissé dans toute l'île des ensembles épars mais important et la plupart de nos villes Corses sont encore toutes génoises; par les restes qu'elles conservent de la domination passée, par leurs rues étroites et tortueuses, leurs passages à gradins, leurs venelles étayées d'arc-boutants, leurs maisons aux murailles en courtines. Nous citerons parmi les plus caractéristiques de ces carrughi génois: la place du Donjon et la rue du Pontetto à Bastia; le Ricchiale, Sant'Antonio et le Carrughiu del Filo à Calvi; le San Carlo à Ajaccio; la place Doria, les rues de l' Archivolte et du Castelletto à Bonifacio.
Ces précieuses épaves émergeant aujourd'hui de la vulgarité qui les assiège, gardent encore l'aspect sombre et farouche que la Dominante Ieur imprima aux siècles de son apogée.

Les pièces d'archives de l'office des Emprunts de Saint-Georges
( Officium Comperarum Sancti-Giorgi ) pour les années 1490-1494 nous apprennent que l’inzegnero chargé de la construction des Citadelles de Calvi et d'Ajaccio se nommait Cristoforo Gandino, architecte militaire de Francesco Sforza. Pour Calvi, les travaux furent si bien menés qu'au printemps de 1491, les ouvrages étant en état de servir, on pouvait penser à démolir les vieilles fortifications, tandis que pour la citadelle d'Ajaccio, les travaux entrepris en même temps sur les plans du même architecte ne devaient être achevés qu'à la fin de l'année 1493, sous la direction de Pietro da Mortara.
Bien que la Grosse Tour construite sur la marine de Cardo pour défendre la rade de Bastia remonte à Leonello Lomellino (1380), c'est à la Banque de Saint-Georges que nous devons les premiers travaux de vaste envergure réalisés autour de cette ville à partir de 1494. Pourtant elle ne fut complètement fortifiée que dans la seconde moitié du XVIeme siècle, après la rétrocession de la Corse à Gênes par la Banque en 1560; et la nouvelle cité, dite de Terra vecchia, dont la première pierre était posée en octobre 1597 par le gouverneur génois Tommaso Carbone, ne devait être terminée que trois ans plus tard. Les plans en étaient dus à Bastiano Ponsello de Turin. Un fort était construit peu après sur la côte par ordre de Gerolamo Assereto et l'année 1598 voyait élever le bastion de Santa Maria.
La plus formidable place forte de la Corse et peut-être la plus curieuse d'Europe est Bonifacio, dont le premier ouvrage fut élevé en 830 par le marquis toscan Boniface; d'autres villes, certes, possèdent de plus célèbres cathédrales et de plus fameux hôtels de ville, mais pas une n'offre une pareille profusion d'ouvrages défensifs qui témoignent d'un plus fastueux passé militaire.

Malheureusement, le réalisme brutal du XXeme siècle a sacrifié aux nécessités de la vie moderne quelques-unes des fortifications les plus intéressantes qui avaient été édifiées par les Génois vers la fin du Moyen Age pour relever l’enceinte de la citadelle en partie détruite lors du siège des Aragonais (1420).


Ce système de défense comprenait huit forteresses: le Bastion, la Grosse Tour, le fort Saint-Nicolas (dit San Nicru), le Truogione, le fort du Moulin, celui du Canon, celui de Saint-Antoine, et la forteresse de la Bombarda. Il ne reste à peu près rien de tout cela. non plus que du fameux Torrione, énorme construction circulaire servant de poudrière qui se dressait sur l'emplacement de la Citadelle, tout près de la caserne, et que le pic des démolisseurs abattit dans les dernières années de l'autre siècle. Monument unique en son genre par l'ancienneté de certaines de ses parties, les souvenirs historiques qui se rattachaient aux pierres de son enceinte, les événements par lesquels depuis tant de siècles chaque, génération avait marqué la trace de son passage. Ilétait peut-être le plus vénérable de tous les monument" de la vieille Corse. Il avait été depuis le IXème siècle le rempart contre la barbarie musulmane des Sarrasins. Il avait vu, lors du siège de 1420, les femmes de Bonifacio nourrissant de leur lait les combattants pour les soutenir dans la lutte. Sa destruction - malheur dont ne se consoleront jamais non seulement les artistes, les archéologues, mais tous les amoureux de notre passé insulaire nous prive en tout cas d'une page, qui eût été des plus instructives, des annales de l'architecture militaire corse.


Si les incursions des pirates barbaresques furent moins fréquentes pendant le Xlème siècle, elles reprirent, dès le XVIème, plus que jamais leur intensité dans tout le bassin occidental méditerranéen sillonné de navires qui pourchassaient les chrétiens et pillaient leur pays.

C'est alors que la République de Gênes, pour assurer la sécurité de l'îIe et parer au danger toujours menaçant d'un débarquement, conçut cet admirable système de défense

 

 

 

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